À propos de la créatrice

Je crois que chaque femme possède sa propre lumière.
Depuis des années, j’accompagne des femmes dans la création de leur robe de mariée sur mesure, en cherchant à révéler avec délicatesse ce qui les rend profondément elles-mêmes : une ligne, une allure, une beauté authentique que l’on ressent parfois sans même pouvoir l’expliquer.
Dans mon atelier près de Paris, chaque création commence par une rencontre, une écoute et une attention portée aux lignes du corps, au mouvement d’un tissu, à l’émotion d’un moment de vie.
Je crée des robes pensées pour laisser chaque femme rayonner pleinement — avec justesse, confort et naturel.
Là où tout a commencé
Je suis née à Séoul, en Corée du Sud.
Depuis l’enfance, je dessinais, écrivais des poésies et observais longuement la nature : les fleurs, les insectes, la terre, la lumière, les formes délicates du vivant.
Ces premières contemplations ont façonné mon regard et ma sensibilité.
Je garde en mémoire la maison de mon enfance entourée de fleurs blanches : les petites fleurs des champs de fraisiers, le poirier en fleur, les lilas sur lesquels j’aimais m’installer pour partir dans mes imaginations, et les roses du jardin courant le long des arches que ma mère avait fleuries.
Les fleurs sont restées, au fil du temps, une source essentielle d’inspiration.
Mon père travaillait dans l’univers du textile et voyageait à travers le monde.
Élégant, attentif aux matières, il m’a transmis très tôt le goût des beaux vêtements et l’envie de cultiver mon propre style.
Petite, il m’emmenait découvrir les coulisses de la mode et du textile.
Je me souviens encore du podium du défilé, trop haut pour mon regard d’enfant, des lumières qui éblouissaient mes yeux, des immenses espaces de tissage et de leur bruit continu.
Sans que je le sache encore, mon univers se construisait déjà.

Dessin d’enfance — mes parents imaginés en mariés.

Mon père — qui m’aimait.
Créer de mes propres mains
Avant de me consacrer à la création, j’ai d’abord étudié la littérature et la langue anglaise, puis travaillé dans la communication et le marketing pour des maisons de luxe, notamment auprès de l’agence officielle d’Hermès Paris à Séoul.
Lors d’un voyage professionnel à Paris, j’ai eu l’occasion d’observer de près le travail artisanal réalisé dans les ateliers et de découvrir le temps consacré à la création des dessins et des motifs.
Face à ces gestes précis et patients, j’ai entendu une voix profonde en moi :
« J’aimerais créer de mes propres mains. »
Cette voix intérieure a changé le cours de ma vie.
Je me suis alors formée au stylisme en Europe, à Madrid et à Milan, avant de travailler auprès de plusieurs stylistes en Espagne, en Italie puis à Paris.
Peu à peu, une direction s’est dessinée naturellement : celle du sur-mesure.
Une chanson à deux
Pour moi, le mariage ressemble à une chanson commencée à deux.
Deux voix différentes qui apprennent peu à peu à créer une harmonie, à écouter leur propre voix autant que celle de l’être aimé, et à découvrir ensemble leur manière d’aimer.
C’est ce moment de passage qui me touche particulièrement.
Accompagner une femme dans la création de sa robe, c’est aussi l’accompagner vers ce moment de sa vie où cette musique nouvelle commence.
Au fil des essayages, des échanges et des émotions, quelque chose s’accorde peu à peu.
La robe se précise.
Les lignes trouvent leur juste note.
Prête pour cette chanson à deux.
La naissance d’une vocation
Ma vocation pour la robe de mariée sur mesure est née lors de la création de ma propre robe.
À Paris, j’ai rencontré l’homme qui allait devenir mon mari, artiste-peintre français.
Pour notre mariage en 2010, j’ai essayé de nombreuses robes dans différentes boutiques, sans jamais trouver celle dans laquelle je pouvais me reconnaître.
Aucune ne me parlait véritablement.
J’ai alors créé ma robe moi-même.
Inspirée par la sensation des reflets de lumière sur l’océan, j’ai travaillé l’organza de soie et le fil pour dessiner ce mouvement de réverbération qui m’habitait intérieurement depuis longtemps.
Cette expérience a profondément changé ma manière de voir la robe de mariée.
J’ai compris combien une robe pouvait devenir un langage sensible, capable de révéler l’unicité d’une personne plutôt que de la laisser se perdre parmi des images déjà proposées.
Depuis, je rencontre des femmes aux parcours, aux sensibilités et aux silhouettes très différentes.
Certaines viennent après avoir essayé de nombreuses robes sans réussir à se reconnaître dans celles qu’elles portaient.
D’autres n’ont jamais imaginé se marier dans une robe traditionnelle.
Certaines doutent de leur féminité ou de leur corps.
Et pourtant, au fil des essayages, quelque chose s’éclaire souvent avec douceur.
Une femme découvre peu à peu sa propre beauté, ses lignes, son éclat singulier — loin des images standardisées dans lesquelles elle croyait devoir entrer.
Une robe née d’une sensation de lumière — devenue le point de départ de l’Atelier E.
Révéler une beauté déjà présente
Ce qui me passionne profondément dans mon métier, c’est la singularité du corps de chaque femme.
Comme chaque voix possède sa propre tonalité, chaque femme possède aussi ses lignes, son équilibre, sa manière unique d’habiter le vêtement.
Je pars de tissus plats, de dessins, de volumes encore silencieux, puis je cherche les coupes qui permettront de révéler la personne avec justesse.
Parfois, un demi-millimètre suffit à rendre une ligne plus juste et à transformer l’équilibre d’une silhouette.
« Chaque femme possède ses propres lignes. La robe naît de leur rencontre. »
Je crois profondément qu’une robe bien conçue peut accompagner la femme sans prendre sa place.
Elle peut révéler celle qui la porte et lui permettre de rayonner pleinement, avec naturel et confort.
Dans l’atelier, mes clientes prennent le temps d’exprimer librement leurs inspirations, leurs envies, parfois encore intuitives ou difficiles à formuler.
De mon côté, je prends le temps d’écouter, de rechercher les coupes les plus justes pour chaque corps, d’étudier les matières, l’équilibre d’un volume et la manière dont une silhouette prend vie.
Les lignes se construisent étape par étape sur le mannequin, puis sur la mariée elle-même, au fil des essayages et des échanges.
À chaque rendez-vous, la robe évolue.
Le mariage approche.
Le rêve devient plus réel.
Et souvent, avec cette justesse révélée, vient aussi une sensation de paix.
Alors voir une femme se découvrir dans le miroir, se reconnaître et se sentir profondément elle-même reste, pour moi, un moment d’émerveillement.
Le temps de créer
Je crois au temps consacré à la création.
Le temps d’écouter.
Le temps de voir peu à peu la robe prendre forme, et la personne rayonner avec elle.
Le temps de comprendre une femme au-delà de ce qui est visible.
Dans un monde où tout va vite, le sur-mesure demande une autre temporalité : celle de l’attention, de la précision et du geste artisanal.
Chaque robe est pensée, construite et ajustée avec exigence dans mon atelier près de Paris, à travers plusieurs essayages, la réalisation de toiles, ainsi qu'un travail minutieux de coupe et de finitions.
Cette approche artisanale a été reconnue par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat d’Île-de-France, qui m’a décerné le titre de Maître Artisan.
Une distinction reçue avec gratitude, comme une reconnaissance du savoir-faire, de l’exigence et de l’engagement portés dans chaque création.

Les fleurs, encore
Ma grand-mère entretenait une relation particulière avec les fleurs et les plantes.
Dans son voisinage, certains l’appelaient affectueusement “la guérisseuse des fleurs”, tant elle savait redonner vie aux plantes abîmées que les voisins lui apportaient.
Enfant, cette douceur en elle me semblait presque angélique.
Aujourd’hui encore, je sens que cet amour silencieux du vivant continue de m’habiter profondément.
Les fleurs habitent ainsi naturellement ma vie et ma création.
Je crée des fleurs en soie et des broderies à la main à partir de matières nobles : organza de soie, soie sauvage, soie duchesse …
Très souvent, j’utilise également les fragments de tissu restés après la création des robes.
J’aime l’idée que ces matières puissent continuer à vivre autrement, sous la forme d’une fleur portée sur un voile, dans les cheveux ou au creux d’une robe.
Comme un souvenir délicat de l’histoire vécue à l’atelier.
Les fleurs continuent d’habiter mes créations — entre mémoire, soie et lumière.

Paris est une fête
Paris occupe une place particulière dans mon histoire.
C’est la ville où j’ai rencontré mon mari.
La ville où ma vocation a pris forme.
Mais aussi une ville profondément liée à mon père.
Lors de ses voyages professionnels à Paris depuis Séoul, il envoyait des cartes postales à chacun d’entre nous.
J’étais toute petite — je savais à peine lire, peut-être — quand il m’a écrit de Paris en me parlant de Notre-Dame…
Ses cartes sont encore conservées précieusement aujourd’hui.
L’une d’elles — cette fois adressée à ma mère — venait de La Closerie des Lilas.
Bien des années plus tard, nous nous y sommes rendus avec ma mère et mon mari, pour retrouver un instant la présence de mon père à travers ces souvenirs.
Cette ville rassemble pour moi plusieurs fils invisibles : mon père, la création, l’amour et le chemin qui m’a menée jusqu’ici.
Paris garde l’empreinte silencieuse et lumineuse de mon père.

Bien des années plus tard, nous y sommes allés à notre tour.
Signature Atelier E
Chaque femme possède sa propre lumière.
Chaque robe cherche simplement à la révéler.